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56e Exposition internationale d’art contemporain de la Biennale de Venise

15 mai 2015 | By francecanadaculture Canada

Cent-vingt ans après ses débuts, la Biennale de Venise fascine toujours. Tous les deux ans, elle présente la fine fleur de l’art contemporain international. L’édition de 2015 accueillera des artistes de premier plan venus de 85 pays. Les œuvres seront exposées de mai à novembre dans les pavillons nationaux respectif ou dans les espaces d’exposition adjacents.

« All the World’s Futures, tous les futurs possibles » 

Le thème de l’exposition principale de cette 56e édition de la Biennale d’art de Venise, sonne comme un titre de manifeste politique. Et de fait : en ouverture, le commissaire américano-nigérian, Okwui Enwezor, a invité l’artiste Isaac Julien  à venir lire l’intégralité des volumes du Capital de Karl Marx. On peut y voir une invitation à la réflexion sur les valeurs d’usage et d’échange à l’heure où le marché de l’art se signale régulièrement par des prix dépassant l’entendement. La place importante donnée aux créateurs d’origine africaine est un autre signe fort adressée par Okwui Enwezor .

À l'occasion de toutes les manifestations organisées par la Biennale de Venise, des prix sont décernés, parmi lesquels le Lion d'or qui a été attribué cette année au plasticien ghanéen El Anatsui pour l’ensemble de sa carrière. 

Opérateur de la présence française à l’étranger lors des grands rendez-vous internationaux, l’Institut français assure le commissariat général du Pavillon français de la 56e Exposition internationale d’art – Biennale di Venezia en étroite collaboration avec le ministère de la Culture et de la Communication / Direction générale de la Création artistique.

7 mai 2015 : inauguration de « rêvolutions », 
par Fleur Pellerin,Ministre de la culture et de la communication 
Céleste Boursier-Mougenot, accompagné de la commissaire d’exposition Emma Lavigne au Pavillon français


 

« rêvolutions » au Pavillon français

Au sein des Giardini, le Pavillon français s’ouvre aux éléments, évoquant les « folies » des parcs romantiques du XVIIIe siècle. Il devient le théâtre d’une apparition et se transforme en un écosystème expérimental révélant un état de nature inédit. Céleste Boursier-Mougenot y déploie la chorégraphie de trois arbres mobiles, qui se déplacent lentement en fonction de leur métabolisme, des variations du flux de leur sève, de leur sensibilité aux passages de l’ombre à la lumière. 

Bordé alentour par les arbres, dont le bruissement électrique engendre un environnement sonore (à partir du courant différentiel basse-tension, capté en direct), le Pavillon français est transformé en un théâtre ouvert. Recouvert d’une texture qui s’écoule depuis son sommet, le bâtiment devient un organisme mouvant. 

L’installation sculpturale et sonore fait  « bouger tout doucement les arbres et capter leur bruit secret». L'arbre est conçu comme un «être vivant, cher aux druides». La perte de repères continue à l’intérieur, où les visiteurs sont invités à ralentir le rythme soutenu des visites qu’impose la Biennale, pour s’alanguir dans des sofas. A l’échelle de la pièce, plongée dans le noir, deux camera obscura, (dispositif optique utilisé en photographie) renvoient une image inversée des arbres et des nuages alentour. Le Pavillon français est un refuge au sein duquel le visiteur trouve un endroit où se reposer.

L’Artiste : Céleste Boursier-Mougenot

Né en 1961 à Nice Céleste Boursier-Mougenot reçoit une formation musicale au Conservatoire de Nice. Il a été, au début de sa carrière et pendant près de dix ans, le compositeur de Pascal Rambert. L’attention qu’il porte à l’environnement sonore né du vivant est assurément une clé pour entrer dans son œuvre. Celle-ci est pour beaucoup dans sa décision de donner une forme autonome – plastique, donc – à sa musique en réalisant des installations artistiques à partir de 1995. La reconnaissance professionnelle est arrivée dans la foulée et ses expositions personnelles rencontrent un vif succès tant en France qu’à l’étranger. Depuis quelques années, il étend sa pratique à la chorégraphie, en appliquant à des objets en mouvement sa démarche « compositionnelle ».

La commissaire d’exposition : Emma Lavigne

Dans son projet vénitien, l'artiste Céleste Boursier-Mougenot est accompagné par Emma Lavigne, nouvelle directrice du Centre Pompidou-Metz. Née en 1968,  Emma Lavigne a été de 2008 à 2014 conservatrice pour l’art contemporain au musée national d’Art moderne/Centre de Création industrielle du Centre Pompidou, Paris, où elle a été commissaire de plusieurs expositions dont Danser sa vie. Elle est spécialisée dans les liens entre les arts visuels, la musique, la danse et la performance. Elle a été auparavant conservatrice à la Cité de la Musique à Paris, où elle a été commissaire de nombreuses expositions consacrées aux relations entre la musique et l’art contemporain.

Après Venise …

… c’est à Paris que la magie de Céleste Boursier-Mougenot opérera de nouveau. Le Palais de Tokyo lui consacre en effet une exposition monographique – acquaalta –du 24 juin au 13 septembre 2015. L’artiste imagine pour l’occasion un paysage lacustre, inspiré de l’inondation annuelle touchant la lagune vénitienne, qui entraînera le visiteur dans une expérience visuelle, textile et auditive inédite.