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REGARD- De Saint-Jean à Saint-Pierre

02 mai 2016 | By francecanadaculture Moncton

A l’occasion du bicentenaire de la rétrocession définitive de l’archipel  à la France, et pour commémorer la bataille de la Somme, la ville de Saint-Pierre recevra la visite du Royal Newfoundland Regiment le 8 mai 2016. Cet évènement exceptionnel nous donne l’occasion de revenir sur les liens entre Saint-Pierre-et-Miquelon et l’île de Terre-Neuve.

Avant le traité d'Utrecht de 1713, la Nouvelle-France comprenait cinq colonies: le Canada (incluant les «Pays-d'en-Haut» ou région des Grands Lacs), l'Acadie (aujourd'hui la Nouvelle-Écosse), la Baie du Nord (aujourd'hui la baie d'Hudson), la Louisiane et Terre-Neuve (que la France partageait avec la Grande-Bretagne sous le nom de Plaisance).

En Nouvelle-France, la colonie française de Terre-Neuve portait le nom de Plaisance, («Terre-Neuve» étant le nom qui  désignait l'île tout entière), et dont l'administration fut partagée durant soixante-trois ans par la France au sud et l'Angleterre au nord. Des postes français avaient été installés pour contrôler le territoire à Petit-Plaisance, Pointe-Verte, Baie-Fortune, Grand-Banc, Hermitage, ainsi qu'aux îles de Saint-Pierre et de Miquelon.

De façon générale, les relations entre les Français et les Anglais à l'île de Terre-Neuve restaient relativement harmonieuses, même au plan des administrations, sauf en temps de guerre.

L’Ile de Terre-Neuve et les archipels avoisinant  étaient peuplés par des Basques, des Normands, des Amérindiens, des Bretons, des Irlandais, des Anglais. Face à cette diversité linguistique, le français était la langue véhiculaire entre les deux administrations française et anglaise et la lingua franca entre les différents peuples.

Au plus fort de la présence française sur l'île, soit entre 1678 et 1688, quelques 20 000 Français se consacraient à la pêche durant la belle saison, mais un recensement de 1687 évaluait la population permanente de la colonie française à seulement 633 habitants, dont 256 à Plaisance et  76 à l'île Saint-Pierre.

Le traité d’Utrecht consacre la perte de la colonie de Plaisance par la France en 1713. Rappelons que la France réussit quand même à conserver longtemps le droit de pêcher dans les eaux de Terre-Neuve et de sécher la morue sur les côtes, mais sans y construire d'établissements permanents. Ce "French Shore", soit la côte nord de l'île, entre Bonavista et la pointe Riche à l'ouest, fut agrandi par le traité de Paris de 1763 en incluant l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon comme point de ravitaillement.

Ce n’est qu’en 1904, que les droits de pêche furent définitivement résiliés par l’Entente Cordiale, avec une fin effective en 1972. Ainsi, les pêcheurs français conservaient le droit de pêcher concurremment entre les mêmes limites, mais n'étaient plus autorisés à accoster ou à utiliser la côte.

Les Français de la colonie de Plaisance n'ont laissé que peu de traces de leur passage, sauf dans la toponymie et les liens denses entre la Province canadienne de Terre-Neuve et l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Librement inspiré de: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/Nlle-France-Plaisance.htm

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