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REGARD SPM- L'accent des îles

07 juin 2016 | By francecanadaculture Moncton

Aisé est de constater combien différe le français en usage aux îles Saint-Pierre et Miquelon que dans la province du Québec. En effet, les habitants de l'archipel ignorent  la plupart des spécificités proprse au français du Canada et des Etats-Unis et n’en ont adopté qu’un nombre très restreint. La langue que parlent nos compatriotes de ce petit archipel reste très proche de celle de la métropole avec, cependant, quelques particularités, souvent originales et intéressantes à relever.

Malgré un héritage basque important, aucun mot appartenant à la langue basque ne peut être décelé dans le parler saint-pierrais. Celui-ci comporte, par contre, une assez forte proportion de vocables marins d’un usage répandu en Bretagne et en Normandie. Ceci n'est pas surprenant puisque l’activité principale est orientée vers la pêche, cela depuis plus de quatre siècles.

C’est ainsi que l’on dit embarquer dans son lit pour se coucher, embarquer en voiture, débarquer d’auto. Amarrer remplace ici le verbe attacher. On amarre ses chaussures, un paquet, de même que l’on amarre une vache dans un pré. Une voiture ne verse pas, mais
chavire, verbe qui prend aussi le sens de « labourer » : un fermier chavire son champ. Mouiller
signifie, en termes marins, « jeter l’ancre », mais employé par un terrien cela veut dire « s’arrêter ». Dans la bouche d’un marin, larguer c’est lâcher, laisser partir. Les Saint-Pierrais l’entendent ainsi en toutes circonstances et disent : larguer un chien, larguer une
vache dans un champ
.

Parmi les termes franco-canadiens adoptés par les Saint-Pierrais et devenus usuels, il faut mentionner catin (poupée), traîne (luge, traîneau), bordée se disant d’une forte chute de neige, et marionnettes désignant les aurores boréales. Certains mots ont été introduits par
des familles acadiennes venues des îles de la Madeleine et qui se fixèrent à Miquelon au cours du XVIIe siècle. Parmi ces termes acadiens figurent notamment buttereauberry, mot anglais voulant dire « baie », employé à Miquelon pour désigner une airelle que les
Saint-Pierrais nomment graine rouge. Pilot, très employé dans tout l’archipel, est également d’origine acadienne et synonyme de « tas », d’« amas ». Une congère se dit un pilot de neige.

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