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Rencontre avec la réalisatrice du "Temps suspendu"

10 octobre 2014 | By francecanadaculture Vancouver

Julie Georgia Bernard était l’invitée du 33ème Festival International du Film de Vancouver. A l’occasion de sa venue, la réalisatrice de « Le Temps suspendu » [Handmade with love in France] nous a parlé de ce film documentaire atypique.

De fil en aiguille
Familière du milieu de la mode à Paris et à New-York, Julie Georgia Bernard constate le « déclin d’une certaine manière de faire » dans le sacro-saint du monde de la Haute couture.

Pendant un an, elle a suivi le travail des trois artisans parisiens travaillant pour les maisons de Haute couture les plus renommées. Au travers de ces portraits, elle révèle un univers en profonde mutation.

Fugacité de la mode
En particulier, Julie Georgia Bernard nous décrit les cadences effrénées imposées par les grandes maisons et auxquelles ces artisans sont désormais soumis.

« Il s’agit des derniers résistants, indépendants et authentiques. Malgré le rythme auquel ils devraient se plier, ils arrivent à imposer leur propre unité de temps », témoigne Julie Bernard.

Tout va en effet de plus en plus vite depuis qu’Yves Saint-Laurent a fait descendre la mode dans la rue avec ses collections prêt-à-porter dans les années 1960. De deux collections par an, les grandes maisons sont désormais passées à huit.

Or, les artisans, créateurs de matière, extraordinairement spécialisés et qui travaillent manuellement, ont besoin de temps.


Rachat des ateliers par les grandes maisons de haute couture
Du spécialiste du pli, en passant par le travail des plumes ou la fabrication de moule en bois pour chapeau, ces hommes sont les derniers témoins d’un monde de la mode où le contact humain était primordial. « Aujourd’hui c’est différent », poursuit Julie Georgia Bernard, « on compte de plus en plus d’intermédiaires et le contact direct avec les fournisseurs tend à disparaître ».

La plupart de ces petits ateliers, nichés dans les quartiers parisiens, sont rachetés par les grandes maisons qui les intègrent dans de vastes hangars sophistiqués en périphérie de la ville. D’autres, plus résistants, s’apprêtent à prendre leur retraite et personne ne semble prêt à prendre la relève. Comment les maisons de Haute couture vont-elles palier cette disparition ?

Plus qu’une approche nostalgique sur les mutations des métiers et de la société, ce documentaire nous questionne sur notre rapport au temps et à la transmission intergénérationnelle des savoir-faire.

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