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En France, qui dit été dit festivals d'art !

16 juillet 2015 | By francecanadaculture Canada

Info et anecdotes sur des festivals d’art en France

Après le théâtre et son Festival d'Avignon, direction les arts du cirque et le festival Sur la route du Sirque, à Nexon

Le Sirque - Pôle Cirque de Nexon en Limousin.

Un peu d’histoire

En 1986, l’Ecole nationale du cirque Annie-Fratellini est à la recherche d’une ville pouvant accueillir ses stages d’été d’initiation aux arts du cirque. Séduite par Nexon, son château du XVIIe s. et son parc créé par le comte de Choulot au XIXe s., elle convainc la ville de Nexon d’organiser la première édition de stages internationaux des arts du cirque en juillet-août 1987. L’opération se répète les années suivantes et en 1990, s’organise la première manifestation culturelle autour des stages suivit deux ans après par la création du festival Les Arts à la Rencontre du Cirque : une programmation artistique liée au thème du cirque pendant la période des stages (cinéma, expositions, spectacles, animations…).

En 1999, l’association Les Arts à la Rencontre du Cirque est créée et en 2000, la ville de Nexon fait l’acquisition d’un chapiteau spécialement conçu (gradins, piste, chauffage, base lumières et son) qu’elle installe de façon permanente dans le parc du château.

En 2001, l’association Les Arts à la Rencontre du Cirque s’inscrit parmi les 11 lieux labellisés arts de la piste par le ministère de la culture et de la communication, à l’occasion du lancement de l’année des arts du cirque – été 2001/été 2002 et devient pôle régional des arts du cirque de Nexon en Limousin.

En 2007, Les Arts à la Rencontre du Cirque change de nom et devient Le Sirque. Cet « S » acrobatique symbolise le cirque contemporain dans sa diversité et devient la marque du Pôle Cirque de Nexon en Limousin.

Et c’est en janvier 2014, que Martin Palisse, artiste jongleur, metteur en piste et co-fondateur du Cirque Bang Bang est nommé à la direction du.


Martin Palisse bâtit son projet autour d’une forte présence artistique. Pensé comme une « maison de la création », le Sirque consacrera une place importante à l’écriture et aux auteurs de cirque, avec une attention particulière aux filiations intergénérationnelles et le souci de la transmission du répertoire contemporain du cirque. L’action de diffusion se déploiera autour de thématiques fortes en lien avec les auteurs accueillis en résidence. Des partenariats avec les écoles et un soutien aux pratiques des amateurs, notamment autour du jonglage, seront étroitement élaborés avec son territoire proche et élargi.

Edition 2015

La Route du Sirque 2015 s’affiche avec 64 représentations, des spectacles « jeune public » à partager entre petits et grands aux concerts « musiques actuelles ». Mais aussi l’événement Tournée générale, installation d’un plateau radio quotidien en direct et en public, une journée dédiée aux films d’auteurs de cirque, un master-class, des ateliers, des expositions, des rendez-vous à la Médiathèque et autres impromptus à voir, à faire, à partager…

On recommande

L’après-midi d’un Foehn  par la Compagnie Non Nova et l’artiste Phia Ménard.

Formée auprès de Jérôme Thomas avec qui elle a tourné dans le monde entier, Phia Ménard est aujourd’hui un des personnages les plus importants et emblématiques du cirque contemporain.

Saviez-vous que l’on peut jongler avec des courants d’air ? Avec du vent ?

Entre danse, cirque et jonglage, sur la musique de Claude Debussy, un maître de ballet donne naissance à une chorégraphie de danseuses et danseurs de plastique propulsés dans les courants d’air. La féerie de nymphes s’élancent, volent et virevoltent devant nos yeux ébahis. Un moment poétique et sublime, ludique et coloré, une épopée aussi. Et la magie opère pour petits et grands…

Et si vous n’êtes pas en France cet été, vous pourrez retrouver ce spectacle au Centre national des Arts à Ottawa les 19 et 20 décembre 2015. Plus d’information ici

Pour plus d’informations

La Route du Sirque : du 14 au 22 août, Nexon. +33 (0) 5 55 00 98 36, www.sirquenexon.com

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La semaine dernière nous étions au Festival d'Avignon, encore quelques jours pour en profiter !

Un peu d’histoire

En 1947, dans le cadre d'une exposition d'art moderne qu'ils organisent dans la grande chapelle du palais des papes d'Avignon, le critique d'art Christian Zervos  (fondateur de la revue Cahiers d’art) et le poète René Char suggèrent à Jean Vilar, comédien, metteur en scène et directeur de troupe, de proposer à la ville de créer une « semaine d'art dramatique ».

Dans un premier temps Jean Vilar refuse. Il doute de la faisabilité technique du projet et n’a pas le soutien escompté de la ville. Mais face à une volonté de reconstruction suite aux bombardements d’avril 1944 par le biais notamment de la culture, la municipalité finira par accepter et propose à Jean Vilar de créer « Une semaine d’Art en Avignon » du 4 au 10 septembre 1947. Ce sont alors 4 800 spectateurs qui assistent dans trois lieux – la Cour d'Honneur du Palais des Papes, le Théâtre municipal et le Verger d'Urbain V – à sept représentations des trois créations : La Tragédie du roi Richard II, de Shakespeare, La Terrasse de midi, de Maurice Clavel, et L'Histoire de Tobie et de Sara, de Paul Claudel.

Fort du succès de cette première édition, Jean Vilar revient l'année suivante pour une Semaine d'art dramatique, avec la reprise de La Tragédie du roi Richard II, et les créations de La Mort de Danton de Georg Buchner, et Shéhérazade de Jules Supervielle, qu'il met en scène toutes trois. Avec lui, une troupe d'acteurs se constitue et revient alors chaque année réunir un public de plus en plus nombreux et de plus en plus fidèle.

Et c’est ainsi que le festival d’Avignon est né ! Aujourd’hui ce festival est la plus importante manifestation de théâtre et de spectacle vivant en France, et l'une des plus importantes au monde par le nombre de créations et de spectateurs réunis.

Le IN et le OFF

Mais attention à ne pas confondre le festival « IN », dit Festival d’Avignon et le « OFF » dit le OFF d’Avignon. 

Alors que le Festival d'Avignon existe depuis 1947, c’est en 1966 qu’André Benedetto, auteur, directeur de théâtre et poète français, ouvre son théâtre, le Théâtre des Carmes, pour la représentation de sa pièce intitulée Statues. Ce qui à l'époque représente un véritable défi, au point que Jean Vilar riposte à cette rébellion en décidant d'investir l'année suivante le Cloître des Carmes, voisin du Théâtre des Carmes d'André Benedetto. La première pierre de ce qui deviendra « le OFF » est posée.

« Le IN » est le festival dit officiel. Il est sélectif, la programmation, 35 à 40 spectacles par an, est décidée par un directeur artistique. A l’image du théâtre public français, cet événement est subventionné et il ne comporte donc pas de risque financier pour les artistes et compagnies qui sont sélectionnés chaque année.

De l’autre côté, « le OFF » où la participation est volontaire et sans sélection à part quelques exceptions, et où le nombre d’inscrit augmente de façon exponentielle chaque année. Il ne perçoit quasiment pas de subvention et tire l’essentiel de ses ressources des recettes auprès du public et de l’inscription des compagnies dans le festival. Le risque pour les artistes et compagnies est donc financier : à la location de la salle il faut ajouter l’hébergement, la nourriture, le salaire des techniciens, des comédiens, la communication… Mais la difficulté réside dans trouver le bon lieu qui va bien pouvoir vous accueillir et faire venir le public. En effet les lieux reconnus par le public et les professionnels sont très recherchés car ils peuvent garantir à eux seuls une visibilité et une place sur la partie émergée de ce gigantesque iceberg. Le OFF est donc ce lieu de la « débrouille » alors que dans le IN règne le confort des productions qui n’ont pas à se soucier de la venue du public. Il faut chaque jour aller conquérir son public dans la rue, lui parler, le convaincre, lui donner des tracts, des flyers, puis entrer en scène ! Une énergie de chaque instant pendant un mois !

               

Edition 2015 du IN

2015 est la deuxième édition dirigée par l'artiste Olivier Py (sur la photo ci-dessus), ancien directeur du théâtre de l’Odéon à Paris. Il y fait ses premiers pas dans la mythique Cour d'honneur du Palais des Papes avec le Roi Lear de Shakespeare dont il a confié le rôle-titre à Philippe Girard, complice de toujours. Un autre monstre de la scène européenne, vieil habitué d'Avignon, Thomas Ostermeier, lui, s'attaque à Richard III en reconstituant le fameux théâtre en bois du grand Will à l'Opéra d'Avignon !

Mais il y aura aussi une vie à Avignon en dehors du maître élisabéthain. Ils viennent de l'Europe de l'Est (NO99 d'Estonie ou Krystian Lupa de Pologne), de Moscou (Kirill Sebrenikov), ou de Buenos Aires (Mariano Pensotti) pour nous donner des nouvelles du monde. Et cette année la danse sera aussi à l’honneur avec la présence d’Angelin Preljocaj qui créé dans la Cour d'honneur une pièce d'après un livret de Laurent Mauvignier (Retour à Berrahtan) et de l'Israélien de Londres Hofesh Shechter, chorégraphe qui a rencontré un grand succès cette année à Paris avec sa pièce Political Mother. Artistes à suivre !

Encore quelques jours pour profiter du festival

Festival d’Avignon : du 4 au 25 juillet, Avignon, + 33 (0)4 90 14 14 14, www.festival-avignon.com

Festival OFF d’Avignon : du 4 au 26 juillet, Avignon, +33 (0)4 90 85 13 08, www.avignonleoff.com

Pour aller plus loin

Les meilleurs festivals de théâtre en 2015 selon Télérama

 

Et la semaine prochaine, direction les festivals des arts du cirque …