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Faustin Linyekula

(Mis à jour le Juin 05, 2014)
© Agathe Poupeney

Danseur, chorégraphe, Faustin a toujours un livre en tête, un chemin à prendre, un sac tout juste défait à refaire, une histoire à raconter, une ruine à reconstruire… entre Kisangani où il vit aujourd’hui au Nord-Est de la République Démocratique du Congo (ex Zaire, ex Congo Belge, ex état indépendant du Congo…), Kinshasa, Paris et le monde…
Tout commence à Kisangani avec une bande d’amis férus de théâtre, emmenés par un grand frère, Kabako, qui mourra quelques années plus tard à la frontière de l’Ouganda d’une maladie si anachronique en cette fin de Xxe siècle qu’elle n’ose plus guère dire son nom, la peste…

En 1993, Faustin quitte un pays de fin de règne, celui de Mobutu, et de début de chaos et s’installe à Nairobi, débutent les allers et retours entre l’Ouganda, le Rwanda et le Kenya. En 1997, il fonde avec Opiyo Okach et la danseuse Afrah Tenambergen la première compagnie de danse contemporaine au Kenya, la compagnie Gàara.
Leur première création, Cleansing, exploration des symboliques du nettoyage et de la purification, est primée aux Rencontres chorégraphiques africaines de Luanda en 1998. Malgré le succès, Faustin quittera la compagnie quelques mois plus tard pour reprendre la route entre la France, l’Afrique du Sud, la Réunion et la Slovénie.
Accueilli au Festival Tanzwochen de Vienne en 2000, il présente Tales off the Mud Wall en collaboration avec le chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma.

En juin 2001, s’impose le retour au Zaïre devenu République Démocratique du Congo, déchiré par plusieurs années de conflits meurtriers, le séjour de quelques semaines pour un atelier devient un choix de vie. Faustin met sur pied les Studios Kabako, structure pour la danse et le théâtre visuel, « un lieu où l’on travaille, où toujours on cherche et où parfois l’on trouve, un lieu où l’on doute mais où certains soirs s’impose une certitude ». Avec quatre danseurs qu’il forme, il crée Spectacularly Empty, carnet un rien désespéré d’un retour au pays natal… Commence alors une longue réflexion sur l’histoire et une mémoire collective sans cesse malmenée, bousculée, détournée par des dirigeants en mal de légitimité, incapables de penser le futur, mais aguerris à l’art délicat du passe-passe et de la substitution.


Suivent Triptyque sans titre (2002), Spectacularly Empty II (2003), recréation pour boîte noire de la pièce de 2001, Radio Okapi (2003-04), performance mêlant radio en direct et artistes invités, chaque soir différents, Le Festival des mensonges (2005-06), veillée autour de la petite et de la grande histoire du Congo et The Dialogue Series: iii. Dinozord (2006).
En 2007, Faustin travaille sur la mise en scène d’un texte de Marie-Louise Bibish Mumbu La Fratrie errante. En 2008-09, il crée more more more… future, opéra ndombolo rock qui a tourné dans le monde entier et a reçu le Bessie Award de la meilleure composition musicale pour Flamme Kapaya en 2012.
En 2009, il met en scène pour la Comédie Française (Studio Théâtre) et le Théâtre de Gennevilliers Bérénice de Jean Racine, une Bérénice qu’il reprend à sa façon et avec des comédiens congolais en 2009. Pour en finir avec Bérénice.
En 2011, il imagine sur son premier solo, Le Cargo, l’année suivante, il revisite à la demande du KVS Dinozord, sa pièce de 2006, naît Sur les traces de Dinozord.
Faustin travaille actuellement sur sa prochaine pièce Drums and Digging qui sera montrée au Theaterformen, puis à Avignon en juin-juillet 2013.

À côté des Studios Kabako, Faustin rencontre sur scène Raimund Hoghe qui imagine pour lui le duo Sans-Titre (2009).
En 2012, il propose La Création du monde 1923-2012, objet grandiose et non identifié pour 24 danseurs du Ballet de Lorraine (Nancy) et Djodjo Kazadi.

Faustin enseigne régulièrement en Afrique, aux Etats-Unis (University of Florida - Gainesville, Universirty of Arizona - Tempé…) et en Europe (Parts, CNDC Angers, Impulstanz…). En 2007, il reçoit le Grand Prix de la Fondation Prince Claus pour la Culture et le Développement et est artiste associé au KVS à Bruxelles.

Depuis 2006, Faustin a recentré ses activités sur ville qui l’a vu grandir, Kisangani, où il accompagne par la production et la formation des jeunes artistes du Congo dans les domaines de la danse, du théâtre et de la musique.
Il a développé depuis 2007 une pratique d’ingénierie du son et a mixé plusieurs albums produits par les Studios Kabako, dont Banningsville de Flamme Kapaya.

Source : Site officiel des Studios Kabako

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