Malgré le déconfinement à travers la France depuis le 11 mai, selon les régions, les grands rassemblements de personnes, ne seront pas autorisés pour un certain moment.

De fait, les festivals musicaux qui rassemblent chaque année des foules enthousiastes de jeunes et moins jeunes ayant envie de bouger et de « communier » au son du rock ou du jazz, ont décidé d’annuler leurs éditions 2020.

Découvrons ou redécouvrons ensemble quelques-uns de ces festivals estivaux musicaux.

 

Les Eurockéennes

Le festival devait se dérouler les 2,3 et 4 juillet 2020 à Belfort.

La première édition a eu lieu en 1989.

Le festival est réputé pour sa très grande variété de musiques présentées et pour le lieu de la rencontre. En effet le site est particulièrement apprécié des 128 000 festivaliers parce que situé entre deux points d’eau (l’étang de la Véronne et le lac du Malsaucy) dans un cadre superbe en Franche-Comté.

Pour vous donner une idée des styles musicaux pour le festival 2019, ont défilé sur scènes des groupes aussi variés que Les Chainsmokers, Interpol, Petit Biscuit, Alpha Blondy, Nekfeu, Mass Hysteria, Angel, the Roots et the Smashing Pumpkins pour ne citer que ceux-la.

Environ 75 concerts sont joués sur les 4 scènes durant les 3 jours de festival. Un grand camping permet à 15 000 festivaliers de rester sur place pendant le festival. Ceux qui préfèrent se loger à Belfort à 7km du site ou à Montbeliard peuvent profiter de navettes gratuites.

https://youtu.be/3IH_aoGGAQA

 

Les Francofolies

La 36ème édition aura lieu du 10 au 14 juillet 2021.

Ce festival de musique est né en 1985 sous la houlette de Jean-Louis Foulquier et Philippe Friboulet et se déroule à La Rochelle en Charente-Maritime. Il veut promouvoir la chanson et les musiques actuelles d’expression française et francophone.

Il accueille plus de 145 000 festivaliers chaque année.

Fortes de leur succès les francofolies s’exportent de façon régulière soit dans les DOM-TOM français mais aussi dans d’autres pays francophones comme la Belgique, la Suisse et le Canada où les Francofolies de Montréal sont très réputées.

En parallèle du festival, un soutien continu aux artistes émergents est développé tout au long de l’année avec des actions organisées par le Chantier des Francos pour former et accompagner les nouveaux auteurs, interprètes, compositeurs francophones.

Plusieurs artistes ou groupes d’artistes sont repérés chaque année puis encadrés soit de façon personnalisée intenses ou sous forme de résidence assez souples en fonction de leur niveau. Ils profitent de coaching, de mises en situation réelles et mêmes d’aide à la distribution.

Aussi pour promouvoir les chansons françaises et francophones dans les écoles le projet Francos Edu est mis en place depuis plusieurs années : la réalisation de cd et livrets que les académies pouvaient commander pour leurs élèves – Les enfants de la Zique, est maintenant remplacé par des éditions numériques.  Des événements ponctuels comme à la rentrée des classes peuvent avoir lieu et mêmes des stages de formations pour les enseignants sont proposées.

Depuis une dizaine d’années, le festival a aussi commencé à s’engager envers l’avenir avec son programme : mes Francos Demain. Le but est de trouvé un meilleur équilibre social, environnemental et économique. Le festival travaille dans ce but à réduire la production de déchets à chaque édition, à réutiliser le plus possible un grand nombre de matériaux, à inciter ses festivaliers à utiliser des bouteilles réutilisables par exemple, à se déplacer de façon écologique et à consommer local.

 

Les vieilles charrues

 Du fait de la crise actuelle, la 29ème édition qui devait avoir lieu cet été 2020 et qui avait comme tête d’affiche Céline Dion a été repoussée du 15 au 18 juillet 2021.

Ce festival qui à son début en 1991 était une kermesse réunissant des amis à Landeleau près de Carhaix dans le Finistère en Bretagne du centre, pour manger des grillades et jouer au lancer de bottes ou au tirage de charrues, s’est transformé les années suivantes en trois jours de concerts en plein centre de la ville. Mais là aussi le succès oblige les organisateurs à changer de stratégie et en 1998, le site de Kerampuilh est choisi et voit une vrai petite ville se construire pour le festival.

Ce sont maintenant plus de 50 000 festivaliers par jour qui viennent profiter chaque année des 86 hectares de champs et de prairies. Ce sont surtout des jeunes de 18 à 25 ans qui viennent écouter de la musique très variée (styles englobant pop, rock, électro, hip-hop, chanson, world, folklore local, et en mêlant têtes d’affiches et découvertes) mais on y voit aussi des familles au complet avec plusieurs générations .

Le festival s’engage à préserver le site en limitant les déchets inutiles et avec une équipe de 700 personnes pour nettoyer pendant les 4 jours de festivals (employés, bénévoles, prestataires) le camping, les lieux de rencontres, buvettes.

La particularité de ce festival est qu’il est vraiment très orienté sur l’associatif et que chaque année c’est plus de 7000 bénévoles (les « laboureurs ») d’une centaine d’associations qui viennent donner du temps et de l’énergie pour aider à l’organisation du festival et qui obtiennent en retour une donation financière pour leurs associations pour porter leurs projets caritatifs, sportifs ou patrimoniaux (au total 120 000 euros du budget repartent vers les associations).  Les associations ont aussi la possibilité d’informer les festivaliers sur leur projet avec des espaces dédiés.

Dans la même ligne d’idée le festival est très orienté sur la prévention et ce veut être un lieu d’information par rapport à la santé, les maladies sexuellement transmissibles, la prévention routière, la protection des femmes etc… Au total ce sont 45 000 préservatifs, 65 000 paires de bouchons d’oreilles et 6 000 éthylotest qui seront distribués dans le cadre du festival.

Une autre particularité du festival est qu’un thème est donné chaque année et que les festivaliers jouent le jeu en se déguisant. Un des tous premiers thèmes fut le désert pour illustré le désert économique du centre de la Bretagne. Depuis on a vu des pirates, des extra-terrestres, des super héros, la conquête de l’ouest, des Gaulois, Alice au Pays des Merveilles, le retrogaming, Peace and love, l’été indien…En 2019 c’était le Carnaval.

Cette année le thème choisi était 20 000 lieues sous les mers de Jules Vergnes.

Le festival fonctionne grâce à ses nombreux partenaires financiers ou sponsors locaux, régionaux ou nationaux.

Il a créé un Label Charrues pour aider les groupes régionaux émergents à se produire lors du festival.

https://youtu.be/j2SOmrxy22Y

 

Jazz in Marciac

La 43ème édition du festival qui aurait du avoir lieu du 24 juillet au 14 août est elle aussi annulée.

Cette toute petite ville du Gers s’anime 3 semaines par an, de la fin juillet à la mi-août pour le J I M (Jazz In Marciac) créé en 1978 par des fans de cette musique après un concert de Bill Coleman.

En plus d’événements tout au long d’une saison culturelle annuelle, le festival a développé des sessions de formation avec des stages d’été en musique, tap, des résidences, pour la plupart se déroulant à l’Astrada, une salle multidisciplinaire de plus de 500 places, inaugurée en mai 2011 et conventionnée pour le jazz par le Ministère de la culture. Elle est devenue un lieu de transmission, de diffusion et de partage reconnue pour le jazz mais aussi le spectacle vivant en général.

Voici le témoignage de Monsieur J. Cazelle qui est allé plusieurs années de suite profiter du festival avec ses amis :

« Sous un chapiteau géant on a pu écouter et apprécier quelques vétérans et de plus en plus de nouveaux jazzmen et jazzwomen (telle la japonaise IROMI, capable de jouer au piano des solos étourdissants de 20 minutes). Le trompettiste américain Winton Marsalis anime tous les ans le festival avec son groupe. Il est génial avec un mélange de tradition-modernité qui n’appartient qu’à lui. 

Quant on n’est pas au concert il reste « la vie en ville » avec ses bars et restaurants dans les jardins des habitants, pour déguster au choix le foie gras, les confits de canard avec du madiran. Il y a même du jazz sur la grand place en accès libre de 11h du matin à 19 heures, sous un velum car le soleil est puissant. On peut donc se reposer au son des orchestres d’amateurs de plus en plus professionnels qui se succèdent sur scène. Inutile de préciser que le vin, la bière voire le champagne sont aussi de la partie. La boisson est la seule chose payante… » 

https://youtu.be/xDMu-xCAbx4

http://www.jazzinmarciac.com/

 

Jazz à Vienne

La 40ème édition aurait du avoir lieu du 25 juin au 11 juillet 2020.

Jazz à Vienne existe depuis 1981 et se produit en partie dans un grandiose amphithéâtre romain, un théâtre antique de 7500 places datant du 1er siècle. C’est en plein air, aussi il faut faire attention au soleil ou à la pluie qui vient souvent sous forme d’orages. Avec 2 autres scènes (Jardin de Cybèle et Le Club qui se trouve dans le Théâtre de Vienne, datant lui de 1782), gratuites elles, c’est un total de plus de 250 concerts par édition (dont 200 gratuits) et joués par 1000 artistes et vus et écoutés par 200 000 festivaliers chaque année.

Plus d’info sur ? L’Académie de Jazz, rezzo focal, jazz for kids, traits de Jazz

  1. Cazelle continue de témoigner : « Vienne est une ville moyenne, rien à voir avec la ruralité de Marciac. Mais la passion des fans de jazz est la même.

On ne peut retenir ses places d’avance quand on achète les billets : il faut donc arriver très en avance si on veut se trouver au pied de la scène pour admirer le jeu et les particularités des artistes. Lesquels sont plus diversifiés qu’à Marciac à mon sens : new jazz, free-jazz, jazz d’Afrique et des Caraïbes…  Bref, beaucoup de types musicaux. On aime ou on aime moins mais c’est ludique et coloré et le public participe par ses encouragements et ses applaudissements à ces moments festifs. »

https://youtu.be/JSDQ4Qa_O7U

https://www.jazzavienne.com/sites/jazzavienne/files/atoms/files/programmation_jazz_a_vienne_1980_2019.pdf

 

Jazz à Juan : 9-25 juillet 2021

Le premier «Jazz à Juan», créé en hommage à un célèbre Antibois d’adoption qui n’était autre que Sidney Bechet, fut à l’origine de nombreux autres festivals qui essaimèrent dans l’Europe entière. Claude Nobs, inventeur de ce grand évènement qu’est Montreux, l’a dit lui-même: «Si je n’étais pas passé par Antibes, Montreux n’existerait pas». Le concept était révolutionnaire. Pour la première fois, le grand public pouvait découvrir les principaux acteurs de cette grande saga qu’était déjà le jazz. Avec sur scène les héros en personne. De près. Et avec le plus beau décor qui puisse exister, sous les pins centenaires de la pinède Gould et face à la Méditerranée. Pari audacieux certes, mais brillamment tenu.

Tout en ayant accueilli le panthéon jazzistique depuis 1960, le festival d’Antibes Juan-les-Pins garde un double attrait. D’abord une programmation riche, fidèle à un jazz authentique. Mais aussi, et peut-être surtout, il demeure un vrai laboratoire, où chacun peut mesurer que le jazz reste une musique bien vivante : premières parties de haute tenue, concerts (gratuits) du «Off», bars d’hôtels et rues emballés par les Brass Bands… Les découvertes sont nombreuses, d’une musique à la fois variée, plaisante et toujours à échelle humaine, dans un site mythique, entre plage et étoiles. Aux yeux des stars du monde entier, la pinède Gould est désormais à l’image de ce que peut représenter la Scala de Milan pour un artiste lyrique : une confirmation et une rencontre exceptionnelle avec le public, cocktail idéal pour lieu de légende.

Dès 1960, concert d’anthologie de Charles Mingus, puis début de la «Love Affair» entre Ray Charles et la pinède, révélation de Miles Davis en 1963, duo d’anthologie entre Ella Fitzgerald et une cigale … En 1968, après le choc Coltrane et alors que la polémique fait rage sur tous les plans, c’est l’irrésistible épopée du free, avant l’apogée du Jazz Rock et de la fusion en 1976, l’impressionnante collection de pianistes en 1981 (Petrucciani, McCoy Tyner, Chick Corea et Keith Jarrett), la révélation d’Al Jarreau, l’extraordinaire duo entre Stanley Clarke et Miroslav Vitous en 1984, celui de Sarah Vaughan avec Michel Legrand, les prestations de Carlos Santana ou de l’immense Jessie Norman… Sans oublier, bien sûr, les fabuleux concerts de trois fidèles d’entre les fidèles : Dizzy Gillespie, Stan Getz et Sonny Rollins.

 

 

Solidays : reporté

En 1999, Luc Barruet crée un OVNI culturel où la musique sert de levier à la solidarité́. À l’aube de la 21ème édition du festival, il nous livre son analyse sur le phénomène Solidays :

« Je me dis qu’on a eu raison de faire confiance à la jeunesse pour changer le monde. Notre appel à la mobilisation a été́ entendu bien au-delà̀ de ce que nous pouvions imaginer. Grâce à l’enthousiasme et l’empathie de chacun, de Marseille à Bangkok, de Niamey à Bucarest, nous avons pu réduire quelque peu la détresse humaine face au sida. Sans prétention, je crois qu’on peut dire que Solidays est un outil performant. Il en a fait la preuve année après année. De la sensibilisation à l’éveil des consciences, de l’engagement à l’éducation des jeunes, du soutien à la valorisation du tissu associatif, de l’emploi au développement durable, les satisfactions sont diverses et nombreuses.

Le plus surprenant, c’est que l’ADN est toujours le même. Construit sur des valeurs de partage et d’entraide, 20 ans plus tard, Solidays donne toujours du sens à la fête et des couleurs à la solidarité.

Il n’y a pas une raison mais plusieurs. Le prix modéré des billets, l’enthousiasme des bénévoles, la qualité de la programmation et l’ambiance si singulière du festival. Nombreux sont les gens qui considèrent ce festival comme un lieu de pèlerinage. On y vient en famille ou entre amis pour nourrir sa « quête de sens », pour partager le plaisir « d’être utile », le plaisir « d’être ensemble ». C’est suffisamment rare pour être précieux. Et comme le charme opère chaque année, on y revient le cœur léger et le sourire aux lèvres. Bref… Solidays, c’est David Guetta qui rencontre Sœur Emmanuelle. En interne, on appelle ça la « mécanique du cœur ».

 

Rock en Seine  28 au 30 août 2020 à St Cloud

Festival qui existe depuis 17 ans. 120 000 festivaliers viennent écouter du pop-rock international en plein cœur du Parc de St Cloud dans la banlieue chic de Paris.

Y sont associés des rendez-vous, des expositions et même une édition pour les plus jeunes : le Mini Rock en Seine. Un tremplin pour les Lycéens est aussi organisé sous la houlette de la région Ile de France pour encadrer et mettre en avant 6 groupes de lycéens pendant le festival.