Le 22 octobre 2018, des représentants de l’Université d’Ottawa et de l’Université Lumière-Lyon 2 ont signé un accord à l’Ambassade de France au Canada, créant le premier double-diplôme franco canadien dans le domaine de l’enseignement des langues et du bilinguisme. Ainsi, et depuis janvier 2019, deux étudiants français sont accueillis chaque année pour un semestre d’étude à l’Institut des Langues Officielles et du Bilinguisme dans le cadre de la Maîtrise en Etudes du Bilinguisme.

Depuis janvier 2020, deux étudiants français de l’Université de Lyon 2, Apolline Glais et Jean Carteron, sont à Ottawa dans le cadre de cet échange. Avant d’entreprendre un Master Français Langue Etrangère à Lyon, Apolline avait obtenu une Licence en Sciences Humaines et Sociales à l’Université de Lyon 2 et Jean, une Licence en Lettre Modernes à l’Université de Rennes 2. Pour ces deux professeurs et chercheurs en devenir, Ottawa, ville bilingue dans un pays bilingue, représentait une opportunité à saisir. Parmi les cours qu’ils ont particulièrement appréciés durant ce semestre, ils relèvent les cours sur la méthodologie de la recherche, ainsi que celui portant sur le « regard ethnographique sur le bilinguisme dans le monde ». Pendant et à l’issue du semestre d’études, les deux étudiants ont pu effectuer des stages d’assistanat d’enseignement et de recherche – en  plus de devoir écrire un mémoire pour leur université d’origine – et acquérir ainsi une première expérience professionnelle au Canada.

Les responsabilités qui leur ont été confiées dans ce contexte constituent d’ailleurs l’une des différences qu’ils ont pu observer entre les systèmes universitaires français et canadien. Apolline et Jean ont jugé le rapport hiérarchique enseignant-étudiant bien moins marqué au Canada qu’en France. De plus, l’élève est souvent sollicité par le professeur et est invité à contribuer à la construction du cours en classe. Si les professeurs prennent le temps de les accompagner, c’est surtout parce que les promotions sont plus petites (10 étudiants dans leur cas) et que les frais de scolarité sont plus élevés au Canada qu’en France, ce qui élève le niveau de leurs attentes en termes d’accompagnement et d’équipement.

Selon les deux étudiants lyonnais, il y a de nombreux avantages à effectuer un double diplôme. Ainsi, obtenir un diplôme d’une université canadienne de qualité, telle que l’Université d’Ottawa, est un atout majeur qui leur ouvrira des portes aussi bien en France qu’au Canada. En effet, ils soulignent que ce type de programme est plus avantageux qu’un échange interuniversitaire, puisqu’ils obtiennent le diplôme de chaque université, sans avoir à payer les frais de scolarité de l’université d’accueil. Ils ont d’ailleurs tous deux pu bénéficier d’un soutien financier pour leur mobilité à l’étranger, de la part de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de leur université d’origine. Bien qu’ils ne prévoyaient pas de rester au Canada suite à leur séjour ottavien, ils avouent avoir été séduits par le Canada et ses nombreuses opportunités professionnelles, tout comme par ses méthodes d’enseignement. Alors qu’Apolline souhaiterait commencer à travailler dans l’enseignement avant de se tourner vers la conception pédagogique, Jean aimerait enseigner dans un milieu un peu spécifique : celui de la prison, par exemple. Le confinement les ayant freiné dans leur aventure, ils souhaiteraient continuer à découvrir le Canada et à réfléchir aux enjeux liés à l’enseignement des langues dans le contexte canadien après l’obtention de leur double-diplôme.

Ce retour d’expérience positif nous encourage à poursuivre nos efforts pour développer les outils de coopération, tels que les double-diplômes, au niveau éducatif et universitaire entre la France et le Canada.

Nous remercions Apolline et Jean pour leurs témoignages et leur souhaitons une belle continuation au Canada, en France ou ailleurs !

 

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de l’Institut des Langues Officielles et du Bilinguisme.